Le seconde main séduit, mais la « fast fashion » résiste

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Le marché de la seconde main explose à Montréal depuis quelques années, porté par les réseaux sociaux et une volonté de mieux consommer. Les friperies se multiplient, mais pour autant une grande partie de la population continue de consommer de la « fast fashion ».

Le marché de seconde main ouvre les portes d’un nouveau type de consommation qui a un objectif bien précis : réduire les déchets textiles, qui ne font qu’augmenter avec le développement de géant de l’ultra-fast fashion comme Shein. Un combat mené en vain face à l’immensité de ce marché qui est une concurrence accrue à la seconde main comme nous explique Florent Vagnier, gérant de la friperie Au bonheur de mère grand.

« Si l’on arrêtait de produire des vêtements dès aujourd’hui, on en aurait assez pour 8 générations », a expliqué Paloma Rautureau, une étudiante en mode au Cégep Marie-Victorin. Un chiffre qui donne le vertige, mais surtout qui nous fait ouvrir les yeux. La quantité de vêtements produits est colossale face au rythme réel de consommation.

Un impact encore limité

Le marché du seconde main est florissant pour son aspect environnemental. L’idée est simple : vendre des vêtements déjà portés pour leur donner une seconde vie, pour qu’ils ne finissent pas « au Pakistan où les gens sont payés 50 balles par mois pour trier dans des conditions effroyables ou sur des plages de Nairobi dans des conditions épouvantables », a déclaré Florent Vagnier.

L’intérieur de la friperie Au bonheur de mère grand sur la rue Saint-Denis fraichement ouverte, une friperie engagée et soutenue par l’ONU. Crédit : Romane Duhamel

Mais concrètement l’impact de la seconde main n’est pas suffisant si on le confronte à la production de fast fashion bien plus rapide. Florent Vagnier a exprimé son amertume face à son impact très faible sur l’environnement. « 10% du stock mondial jeté est capable de finir sur des étagères » affirme Florent Vagnier. Il dit même que d’ici une dizaine d’années on sera en dessous des 5% à cause des matières utilisées bien moins durables qu’auparavant.

Les matières les plus utilisées dans les vêtements de fast fashion et ultra-fast fashion sont principalement issues du pétrole. Le polyester et l’élasthanne sont deux des fibres les plus communes, mais également très polluantes et ne durent pas dans le temps.

La surconsommation un modèle déjà bien ancré dans notre société

Cette façon de consommer n’est pas nouvelle, mais s’amplifie d’année en année. Elle date bien avant Shein. Zara et Old Navy sont implantés depuis très longtemps dans notre société et on oublie souvent que ces magasins ne sont pas plus éthiques que d’autres. Les prix sont plus élevés, ce qui persuade l’acheteur que c’est de la qualité.

« Si l’on arrêtait de produire des vêtements dès aujourd’hui, on en aurait assez pour 8 générations »

– Paloma Rautureau, étudiante en mode au Cégep Marie-Victorin

Florent Vagnier affirme que le marché a été conçu sur un modèle de production qui ne coïncide pas avec le marché du seconde main. Le marché actuel du textile est très rapide, d’après Florent Vagnier, il y a entre 700 et 7000 modèles déployés sur Shein par jour. Cette quantité ne fait qu’influencer l’acheteur à se procurer de nouveaux vêtements encore et encore.

 Aujourd’hui, les consommateurs ont été habitués à renouveler sans cesse leur garde-robe pour être à la mode. Cette manière de faire se prolonge dans les friperies, les consommateurs achètent bien plus qu’avant. « Nos anciens c’étaient 2 paires de jean à l’année », a souligné Florent Vagnier.

Projet d’upcycling au sein du Cégep Marie-Victorin dans le programme de mode dont fait partie Paloma Rautureau, créatrice de l’ensemble fait à partir de vêtements de friperie. Crédit : Paloma Rautureau

D’autres alternatives existent pour lutter contre la fast fashion comme l’upcycling, qui consiste à créer de nouveaux vêtements à partir de vêtements usagés. Ou de se tourner vers des vêtements plus durables et locaux, comme Marie-Ève Faust, professeure à l’université en mode et développement durable.

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