Au Québec, près d’un élève deux vit de l’anxiété scolaire ces dernières années. Un fait assez inquiétant, souvent relié à une très grosse pression qui peut causer des crises de paniques, de l’insomnie, perte d’appétit et tout autre symptôme chez les étudiants.
Face à ces statistiques inquiétantes, il est apparu essentiel d’obtenir le point de vue de l’enseignante en sociologie Amélie Chanez et d’une étudiante du Collège de Maisonneuve afin de mieux comprendre la situation.
L’anxiété vécue de l’intérieur
L’étudiante, identifiée sous le pseudonyme « Liana » a accepté de nous témoigner comment elle vit son anxiété. Elle affirme : « Je me sens souvent stressée, surtout avec la pression qu’on nous inflige, avec les évaluations et les devoirs j’ai l’impression qu’il y a toujours quelque chose à faire et je n’ai pas forcément le temps. »

Il est vrai qu’au collégial les profs donnent beaucoup de travail à remettre avec pas forcément beaucoup de temps, ce qui peut créer beaucoup d’anxiété aux étudiants, même à ceux qui n’en vivent pas de nature. Pour certains, le passage du secondaire au cégep est très stressant, car ils ne sont pas habitués à travailler autant et à être autonomes. Dans beaucoup d’écoles secondaires, il n’y a pas de devoirs et peu d’examen donc le passage de rien à faire à une surcharge de travail peut être déséquilibrant.
Ces dernières années, le système scolaire essaie de rendre l’école moins stressante en apportant des ressources, des techniciens·ne·s en éducation spécialisée (TES) ou des profs qui se proposent en disant être à l’écoute de leurs élèves pour leurs réussites. Liana dit « Je sais qu’il y a des ressources et des profs à l’écoute, mais je ne me sens pas forcément à l’aise d’aller leur parler. » Les étudiants ont souvent peur d’être jugés, que les profs les voient comme étant plus faibles que les autres ou sont juste trop gênés d’aller les voir.
Comprendre l’anxiété selon les profs
Amélie, prof de sociologie depuis 2007, remarque une augmentation de l’anxiété scolaire chez les jeunes, elle trouve qu’il y a une énorme différence entre aujourd’hui et il y a 10 ans. Elle en vient même à citer : « Je pense que le contexte sociohistorique actuel met beaucoup de pression sur les jeunes. »
Oui, aujourd’hui tout va vite dans la société, les jeunes entendent depuis tout petit qu’ils doivent absolument réussir à l’école pour réussir dans la vie et qu’ils ne peuvent pas y arriver autrement. Cette génération grandit durant une période de crise climatique, d’instabilité politique, de crise d’emplois et de possible guerre dans le monde, ce qui les amène à se questionner, stresser et parfois même se demander : « Qu’est-ce que je fais de ma vie et qu’est-ce que la vie. »
« Je pense que le contexte sociohistorique actuel met beaucoup de pression sur les jeunes. »
– Amélie Chanez, professeure de sociologie
« Pour beaucoup de jeunes, la pression vient des parents », dit Amélie Chanez. Les parents veulent s’assurer de la réussite de leurs enfants en mettant beaucoup de pression, parfois sans s’en rendre compte. Ce qui crée de l’anxiété de performance dès le plus jeune âge, ils vont toujours y penser et se dire que s’ils ne réussissent pas ils décevront leurs parents. Des parents donnent des conséquences à leurs enfants quand ils n’y arrivent pas alors que c’est parfois leur maximum, étant donné que les parents jouent un gros rôle dans la vie des enfants.
« La classe moyenne est plus touchée que la classe bourgeoise par l’anxiété scolaire, car elle doit travailler plus dur pour arriver au même résultat et il y a beaucoup plus de pression de réussite. » Affirme Amélie Chanez, elle pense aussi que les femmes vivent plus d’anxiété en général, souvent lié aux hormones, à la pression sociale, aux normes de la femme. À la charge mentale supérieure et les attentes envers elles sont élevés.















