Frustrés par l’inaccessibilité, les citoyens de l’Est de Montréal réclament une amélioration du système de transport collectif.
Les temps de déplacement sont élevés : plusieurs autobus ne passent qu’aux 30 minutes en dehors des heures de pointe, la durée du trajet du train de banlieue à partir de la gare RDP (Rivière-des-Prairies), jusqu’à la gare Centrale est de 1h30 minutes et la station de métro le plus proche est à une trentaine de minutes par voiture. Plusieurs experts jugent qu’il y a une iniquité d’accès au transport collectif dans l’Est, par rapport à l’Ouest.
« Ils ont la Cadillac avec le REM »
« L’Est n’a jamais fait partie des priorités des politiciens. », soutient Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville. Il ajoute également que les nombreux comtés du Parti libéral dans l’Ouest ont joué un rôle important avec l’essor du REM.

L’inauguration de la nouvelle station de REM à Deux-Montagnes permet aux citoyens de parcourir 30 kilomètres en 35 minutes, jusqu’au centre-ville, tandis que ça prendra le même temps pour les citoyens de RDP-PAT (Rivière-des-Praires-Pointe-aux-Trembles) pour se rendre à la station de métro la plus proche (Honoré-Beaugrand).
Cette nouvelle suscite également de nombreuses réactions défavorables auprès des citoyens de l’Est.
« R.D.P. c’est le “parent pauvre” des autres arrondissements! », écrit une citoyenne sur Facebook.
« C’est fou! Nous sommes ignorés dans l’Est », ajoute une autre citoyenne.
Mme Marie-Claude Baril, conseillère d’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, affirme qu’il s’agit d’une injustice sociale.
« Des choix politiques ont été faits au détriment des gens de l’Est. En termes d’équité territoriale, on est clairement désavantagés dans l’Est. Même avec un poids de population important. L’Est représente à peu près le quart de la population de Montréal et on n’a pas encore un transport en commun digne de ce nom. »
« Le fait d’avoir le REM dans l’Ouest, ça nous bloque un accès direct au centre-ville par le train de l’Est. Il y a des gens qui sont vulnérables dans l’Est qui dépendent du transport en commun qui n’ont pas de voiture, qui vont faire leurs études. C’est également une iniquité sociale. »

Des projets abandonnés
Bien que l’arrondissement de RDP-PAT n’est toujours pas desservi par un mode de transport lourd, il y a toujours eu de grands projets d’infrastructure qui ont été présentés. Dans les cinq dernières années, deux projets présentés ont été abandonnés, soit le REM de l’Est et la mouture du REM entièrement souterraine. Les deux projets proposaient un lien qui faciliterait l’accès au centre-ville.

Crédit: Christian Savard
« Une partie de la solution doit venir du provincial, au niveau du gouvernement du Québec. Il va devoir aider les villes à mieux financer le transport en commun. », souligne Christian Savard. Il ajoute également que la qualité de vie ne s’améliorera pas si l’état du système de transport en commun n’est pas amélioré.
Le coût des infrastructures est un autre enjeu, selon la conseillère d’arrondissement. Elle sent qu’il vaut mieux agir plus tôt que tard, puisque les coûts augmentent chaque année. Elle ajoute qu’un projet pour un mode de transport lourd n’est pas une dépense, mais plutôt un investissement.
« Est-ce qu’on dit : la santé, c’est trop cher, on va arrêter de se soigner? On ne dit pas ça. », affirme-t-elle.
Tramway de l’Est : plusieurs sceptiques
Le Tramway de l’Est, soit le plus récent projet de transport collectif présenté, ne fait pas l’unanimité, en raison des coûts de 18,4 milliards établis par l’ARTM, ainsi que l’absence d’un lien direct reliant l’Est de Montréal au centre-ville de Montréal.

Savard croit que ce n’est pas une solution assez forte. Bien qu’il apprécie les tramways, il croit que ça va prendre plus qu’un tramway pour « désenclaver » l’Est.
Le projet n’a pas encore été accepté et ne sera livré qu’en 2035-2036.
Des solutions proposées
Le directeur général de Vivre en Ville affirme qu’en « injectant des fonds », le service d’autobus de base pourrait être amélioré.
« Les autobus font partie de la solution en transport collectif, à condition d’avoir une fréquence élevée. C’est ça la clé du transport en commun. », ajoute-t-il. Il propose le prolongement des lignes vertes et bleues, avec l’addition d’un tramway, pour améliorer l’état du transport dans l’Est.
La conseillère d’arrondissement, pour sa part, soutient que les autobus devraient être une solution à court terme. Elle croit également que le prolongement du métro peut combler les besoins des citoyens en 2025.















